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mercredi 31 juillet 2013

Le monde des cosmétiques épisode 2 été 2013 - LES CONTRÔLES, LES TESTS


LES CONTROLES ET TESTS

Lors de la mise au point du produit, ce dernier subit de nombreux contrôles et tests afin d’être conforme aux normes, de pouvoir être mis en production et finalement être définitivement accepté (c'est-à-dire validé).



1. La stabilité
Ce sont les 1ers contrôles réalisés sur chaque essai.
Ils consistent à faire un vieillissement accéléré du produit afin de prévoir les essais qui pourront durer 30 mois (durée légale).

Les produits sont soumis à différents contrôles, ils sont ainsi successivement :
- passés à la centrifugeuse (système permettant de faire tourner le produit à très grande vitesse) : provoque la chute et le dépôt des particules (gouttelettes des émulsions, poudres, pigments, nacres…) ;
- placés dans une étuve (four à chaleur basse) et mis au réfrigérateur : afin de liquéfier ou cristalliser les ingrédients;
- observés au microscope : pour visualiser la taille des gouttelettes, l’absence de cristaux, la transparence… ;
- surveillés sur leur aspect, odeur, couleur (critères organoleptiques) : qui ne doivent pas se modifier dans le temps ;
- contrôlés quant à leur viscosité (consistance) : mesurée par des appareils permettant de chiffrer précisément leur valeur ;
- vérifiés au niveau du pH : qui doit être proche de celui de la peau ou propre à leur nature et utilisation.

Chaque essai est régulièrement contrôlé dans le temps afin de suivre son évolution. Ainsi, les produits dont la stabilité n’est pas garantie sont progressivement éliminés.
En fin d’étude, seules quelques formules sont acceptables, dont une seulement sera validée par le service marketing. Cette dernière correspond aux objectifs de qualité et sert donc de référence (témoin). Elle subit ensuite des tests avant d’être produite en masse.

2. La bactériologie
Le produit cosmétique doit rester propre bactériologiquement en conditions d’utilisation. Cela implique que son système conservateur doit stopper toute contamination et éviter son éventuelle évolution.
Lors de ce test, en général cinq types de micro-organismes bien définis (mélange de bactéries-levures-moisissures) sont introduits dans le produit afin de vérifier qu’il retrouve très rapidement son état stérile.
La diminution des micro-organismes est contrôlée après deux jours, une semaine, deux semaines et un mois suite à sa contamination. Ce test intitulé « Challenge test » vérifie l’efficacité du système conservateur.

3. La tolérance 
Depuis une bonne quinzaine d’années environ, les firmes cosmétiques n’utilisent plus d’animaux pour tester leurs produits. Et la réglementation européenne ne l’autorise plus sans exception depuis 2009.  Des méthodes dites « alternatives » ont été mises au point sur des protéines végétales, des cultures de cellules, ou encore des membranes d’œuf, notamment pour l’irritation oculaire (IO). Ce sont les tests in vitro (à l’extérieur de l’homme, comme dans des béchers, des éprouvettes, etc.).

Après ces premiers tests réalisés et ayant obtenus des réponses favorables, les produits sont appliqués (pour validation définitive de l’innocuité) sur l’homme grâce à des méthodes très légiférées dites « sur volontaires sains ». Il s’agit de tests in vivo (sur les êtres vivants).

Voici les principaux tests in vivo :
- le patch-test : le produit est appliqué pendant 48 heures sous un pansement occlusif posé dans le dos. Lors de la lecture, la peau ne doit pas présenter d’irritation à l’endroit traité. Il est l’équivalent d’un test d’irritation primaire cutané (IC) ;
- le RIPT (Repeat Insult Patch Test) est une application itérative (= répétitive). Le produit est réappliqué tous les jours pendant une durée de trois semaines pour juger sa tolérance en usage continu ;
- la phototoxicité et la photoallergie : il s’agit de la vérification de la tolérance du produit à l’exposition solaire, même involontaire. Le produit est appliqué quotidiennement pendant trois semaines et le sujet reçoit une dose d’UV en complément.
Il ne doit pas apparaître de taches ou de troubles de la kératinisation.

4. L’analyse physico chimique
Chaque matière première est contrôlée en fonction de ses caractéristiques physico-chimiques. Par exemple : pH, teneur en eau, indices d’acide, colorimétrie, granulométrie, etc.
Dans chaque produit, on contrôle par dosage la présence des ingrédients « dangereux » (appartenant aux listes légales de substances soumises à restriction) ou revendiqués dans les communications publicitaires. Exemples de produits testés : les filtres solaires, les conservateurs, les vitamines, les PA, etc.

5. L’efficacité
Les laboratoires sont tenus de se justifier auprès des services gouvernementaux sur la véracité des textes publiés (publicité, notice, emballage). Ils sont donc contraints d’effectuer des tests d’efficacité sur leurs produits finis ou les PA.

Il existe deux types de tests :
- In vitro : Ils s’effectuent sur culture de cellules ou, pour les plus aboutis, sur peaux reconstruites.
La peau artificielle comprend un derme et un épiderme, qui contient lui-même des mélanocytes (cellules responsables de la pigmentation).
On étudie, par exemple, la relance de la synthèse de collagène par les fibroblastes, ou la neutralisation des radicaux libres produits par les UV, etc.

- In vivo : Ce sont des tests plus lourds à mettre en œuvre car il faut réunir un panel de volontaires parfaitement ciblés pour le produit. Par exemple : des individus à la peau claire pour des mesures d’indice de protection solaire (IP), des personnes à peau acnéique pour tester un gel nettoyant purifiant, des sujets présentant des pattes d’oies pour un soin cosmétique pour le contour de l’œil, etc.
Ils sont généralement de deux types : Les tests métrologiques sont réalisés avec des appareils de mesure qui quantifient les paramètres sur lesquels on désire agir : la profondeur des rides, la couleur des taches pigmentées, la fermeté de la peau, l’hydratation, le taux de sébum, etc.
Les tests consommateurs : le produit est utilisé en condition normale d’utilisation et jugé sur son efficacité selon un questionnaire très précis.

Les résultats de ces tests se complètent et doivent être pris en compte pour juger de la pertinence de la qualité d’un produit.

6. La compatibilité
Ces tests déterminent les éventuelles interactions entre le produit et son emballage.
Les emballages en plastique et les pompes sont particulièrement susceptibles d’interagir avec les produits qu’ils contiennent.
Comme pour les contrôles de stabilité, on opère à un vieillissement accéléré en étuve.

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